La fiscalité à Dubaï ne se résume ni à « zéro impôt » ni à un taux unique de 9 %. Les Émirats arabes unis ne prélèvent pas d'impôt fédéral sur le revenu des particuliers, mais les entreprises peuvent être concernées par la Corporate Tax, la TVA, les droits de douane et des taxes sectorielles. Pour un entrepreneur français, il faut aussi déterminer si la France continue de le considérer comme résident fiscal ou si son activité y crée des obligations.
Le résultat dépend donc de quatre éléments distincts : votre résidence personnelle, la résidence et l'activité de la société, la nature des revenus et les pays dans lesquels le travail est réellement effectué. Une licence à Dubaï et un visa de résidence ne suffisent pas, à eux seuls, à régler ces quatre questions.
En bref : un salaire privé n'est pas soumis à un impôt sur le revenu aux EAU. Une société relève généralement de la Corporate Tax, avec 0 % sur les premiers 375 000 AED de revenu imposable puis 9 % au-delà dans le régime standard. La TVA est normalement de 5 %. Une free zone n'offre pas automatiquement 0 % sur tous les bénéfices. Un Français doit enfin analyser les règles françaises et la convention fiscale France-Émirats.
| Situation | Traitement général en 2026 | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Salaire d'un particulier aux EAU | Pas d'impôt fédéral sur le revenu aux EAU | Résidence fiscale et revenus éventuels dans un autre pays |
| Société au régime standard | 0 % jusqu'à 375 000 AED de revenu imposable, 9 % au-delà | Ajustements fiscaux, inscription et déclaration annuelle |
| Société en free zone | 0 % possible sur le revenu qualifiant d'une QFZP | Activité, clients, substance, audit et seuil de minimis |
| Petite entreprise résidente | Small Business Relief possible sous 3 millions AED de chiffre d'affaires | Éligibilité et option dans la déclaration jusqu'en 2029 |
| TVA | 5 % dans la plupart des cas | Seuils, lieu de fourniture, taux zéro ou exonération |
| Entrepreneur français installé à Dubaï | Analyse au cas par cas | Foyer, activité principale, intérêts économiques et convention fiscale |
Les règles de ce guide ont été vérifiées le 4 septembre 2026 auprès de la Federal Tax Authority, du ministère des Finances des EAU et de l'administration fiscale française. Elles donnent un cadre de décision, mais ne remplacent pas une consultation fiscale fondée sur vos contrats, votre famille, vos jours de présence et vos flux financiers.
Quels impôts paie-t-on à Dubaï en 2026 ?
La plateforme officielle des EAU confirme l'absence d'impôt fédéral sur le revenu des particuliers. Elle présente parallèlement la TVA, la Corporate Tax et les droits d'accise. D'autres prélèvements peuvent dépendre d'un bien, d'un secteur ou d'une opération précise.
Pour un entrepreneur, les principales couches à examiner sont les suivantes :
- la fiscalité personnelle de l'associé ou du dirigeant ;
- la Corporate Tax de la société ;
- la TVA sur les ventes, achats et importations ;
- les douanes lorsque des marchandises franchissent une frontière ;
- les règles du pays où se trouvent les clients, les salariés, les locaux ou la direction effective.
Ces couches ne s'annulent pas entre elles. Une société peut ne devoir aucune Corporate Tax tout en restant tenue de s'inscrire, de déposer une déclaration et de facturer la TVA. Un particulier peut ne payer aucun impôt sur son salaire aux EAU tout en conservant une obligation déclarative en France.
Y a-t-il un impôt sur le revenu à Dubaï ?
Les EAU ne prélèvent pas d'impôt fédéral sur les salaires et revenus personnels ordinaires. Un salarié résidant et travaillant à Dubaï ne reçoit donc pas une déclaration annuelle d'impôt sur le revenu comparable à la déclaration française.
Cette absence d'impôt personnel ne signifie pas que tous les encaissements d'une personne physique sont hors fiscalité. Lorsqu'un individu exerce une activité commerciale ou professionnelle aux EAU, la Corporate Tax peut s'appliquer si le chiffre d'affaires de cette activité dépasse 1 million AED pendant une année civile. Le salaire, les investissements personnels et les revenus d'investissement immobilier privé sont exclus dans les conditions prévues par le régime.
Il faut donc distinguer :
- le salaire versé dans le cadre d'un emploi ;
- les dividendes et placements détenus à titre personnel ;
- les loyers issus d'un investissement immobilier privé ;
- le chiffre d'affaires d'un consultant, commerçant ou entrepreneur individuel.
Le guide Corporate Tax à Dubaï détaille le seuil applicable aux personnes physiques et les obligations des sociétés.
Comment devenir résident fiscal des Émirats arabes unis ?
Le visa de résidence et l'Emirates ID facilitent l'installation, mais la résidence fiscale répond à des critères propres. La Cabinet Decision No. 85 of 2022 prévoit plusieurs voies pour une personne physique.
Une personne peut notamment être résidente fiscale des EAU si :
- son lieu de résidence habituel ou principal et le centre de ses intérêts financiers et personnels se trouvent aux EAU ;
- elle est physiquement présente aux EAU au moins 183 jours sur une période pertinente de douze mois consécutifs ;
- elle y est présente au moins 90 jours sur douze mois, détient notamment un permis de résidence valide ou une nationalité admise par le texte, et dispose aux EAU d'un logement permanent, d'un emploi ou d'une activité.
Le ministère des Finances précise que chaque journée ou fraction de journée de présence compte. Un logement permanent n'a pas besoin d'être possédé, mais il doit rester disponible de manière continue.
Un Tax Residency Certificate sert à documenter une résidence fiscale pour une période donnée. Il n'est pas identique au visa et n'est pas accordé sur une simple adresse de domiciliation. La procédure de la FTA distingue les demandes destinées à une convention fiscale des certificats demandés à d'autres fins.
Un Français à Dubaï cesse-t-il automatiquement d'être résident fiscal français ?
Non. La règle des 183 jours ne suffit pas à elle seule pour quitter la résidence fiscale française. L'administration française examine d'abord les critères du droit interne, puis la convention fiscale lorsqu'une personne peut être considérée comme résidente des deux États.
La page officielle Résident de France retient notamment :
- le foyer ou, à défaut, le lieu du séjour principal ;
- l'activité professionnelle principale ;
- le centre des intérêts économiques.
Un seul de ces critères peut suffire en droit interne. La situation s'étudie séparément pour chaque membre du foyer. Laisser son conjoint et ses enfants en France, continuer à y diriger l'essentiel de son activité ou y conserver le centre de ses revenus peut donc modifier l'analyse, même avec un visa émirati.
En cas de double résidence, la convention fiscale entre la France et les EAU examine successivement le foyer d'habitation permanent, le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel puis la nationalité. Les revenus peuvent ensuite rester imposables dans l'un des États selon leur nature et les articles de la convention.
Avant le départ, documentez la date d'installation, le logement, les jours de présence, la situation familiale, le lieu de travail, les mandats de direction, les comptes et les sources de revenus. Une société créée à Dubaï ne déplace pas mécaniquement votre foyer ni vos intérêts économiques.
Quel est l'impôt sur les sociétés à Dubaï ?
La Corporate Tax est un impôt fédéral calculé sur le revenu imposable de l'entreprise. Dans le régime standard, les taux sont :
| Revenu imposable annuel | Taux |
|---|---|
| De 0 à 375 000 AED | 0 % |
| Partie supérieure à 375 000 AED | 9 % |
Le seuil porte sur le revenu imposable, pas sur le chiffre d'affaires. Une société réalisant 900 000 AED de ventes et 600 000 AED de charges admises peut aboutir à 300 000 AED de revenu imposable. Elle ne paierait alors pas de Corporate Tax au barème standard, mais devrait généralement rester inscrite et déclarer.
À l'inverse, une société avec 600 000 AED de revenu imposable calcule 9 % sur la partie supérieure à 375 000 AED. La base taxée est de 225 000 AED, soit 20 250 AED avant les autres ajustements éventuels.
La déclaration et le paiement sont normalement dus dans les neuf mois suivant la fin de la période fiscale. Les comptes, factures, contrats, relevés et calculs doivent être conservés. Une comptabilité commencée seulement à l'approche de l'échéance augmente le risque d'erreur et rend plus difficile la justification des dépenses.
Small Business Relief : quelle aide pour les petites sociétés ?
Une personne résidente éligible dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 3 millions AED peut choisir le Small Business Relief pour être traitée comme n'ayant pas de revenu imposable pendant la période concernée.
La mesure couvre les périodes fiscales commençant à partir du 1er juin 2023 et se terminant au plus tard le 31 décembre 2029. La Ministerial Decision No. 131 of 2026 a prolongé l'échéance initiale.
Ce dispositif n'est ni automatique ni ouvert à toutes les structures. Le seuil doit être respecté pour la période actuelle et les périodes précédentes concernées. Une Qualifying Free Zone Person ne peut pas le choisir. L'entreprise reste tenue de s'inscrire, de tenir ses justificatifs et de déposer sa déclaration.
Comparez donc le soulagement immédiat avec les conséquences sur les pertes fiscales, les intérêts reportables et votre trajectoire de croissance. Une option adaptée à une petite société de services n'est pas nécessairement optimale pour une entreprise qui prépare un investissement ou une levée de fonds.
Une société en free zone paie-t-elle vraiment 0 % ?
Une free zone n'est pas une exemption générale de Corporate Tax. La société doit normalement s'inscrire et déposer sa déclaration. Elle peut bénéficier du statut de Qualifying Free Zone Person, ou QFZP, si elle remplit toutes les conditions.
Le taux de 0 % vise alors le revenu qualifiant. Le revenu non qualifiant est taxé à 9 %, sans bénéficier de la tranche standard de 375 000 AED. Parmi les conditions importantes figurent :
- une substance adéquate dans la free zone ;
- des activités et revenus qualifiants ;
- le respect des règles de prix de transfert ;
- des comptes audités ;
- le respect du seuil de minimis sur les revenus non qualifiants.
Le test dépend des activités, des clients et des flux réels. Une société de conseil facturant des particuliers ou des clients mainland ne peut pas conclure que tous ses bénéfices seront à 0 % simplement parce que sa licence vient d'une free zone.
Pour choisir une structure, comparez free zone et mainland, puis examinez les conditions commerciales de Meydan, IFZA ou du mainland. La fiscalité suit l'exploitation prévue, pas le nom de la juridiction.
Comment fonctionne la TVA à Dubaï ?
Le taux standard de TVA est de 5 %. Une entreprise résidente doit demander son inscription lorsque ses fournitures taxables et importations dépassent 375 000 AED pendant les douze derniers mois, ou lorsqu'elle prévoit de franchir ce seuil dans les trente jours. L'inscription volontaire est possible à partir de 187 500 AED dans les conditions prévues.
Le taux de 0 %, l'exonération et le hors champ sont trois traitements différents. Une exportation de services n'est pas automatiquement à 0 % parce que le client se trouve hors des EAU. Il faut vérifier le lieu de fourniture, l'établissement qui reçoit le service, les preuves et les exceptions.
Une société en free zone suit généralement les mêmes règles de TVA. Le régime particulier de certaines designated zones concerne surtout des mouvements de biens répondant à des conditions précises. Il ne rend pas tous les services de la zone exonérés.
Le guide TVA à Dubaï détaille les seuils, la facturation, les exports, les imports et les déclarations. Pour une société en activité, notre service de comptabilité et fiscalité peut organiser les pièces et les échéances.
Quelles autres taxes et charges faut-il prévoir ?
Le budget fiscal ne doit pas être limité à la Corporate Tax et à la TVA.
Droits de douane
Le droit courant sur de nombreuses marchandises importées est de 5 % de la valeur douanière, avec des exceptions selon le produit, l'origine, le régime et la destination. La TVA d'importation et le droit de douane sont deux montants différents. Le guide import-export à Dubaï explique comment chiffrer le coût rendu.
Droits d'accise
Certains produits considérés comme nocifs pour la santé supportent des droits d'accise. Les catégories, taux et modalités doivent être vérifiés avant d'importer, produire ou stocker les marchandises concernées.
Frais immobiliers et sectoriels
Une activité peut aussi supporter des frais d'enregistrement immobilier, des redevances municipales, des permis, des inspections ou des prélèvements sectoriels. Ces montants ne sont pas remplacés par la Corporate Tax. Un restaurant, une agence immobilière et un commerce en ligne n'ont donc pas le même coût de conformité.
Société à Dubaï et clients français : où se situe le risque fiscal ?
Une société émiratie peut vendre à des clients français. La nationalité du client ne crée pas automatiquement une imposition française. Le risque augmente toutefois lorsque l'activité est en réalité exercée ou dirigée depuis la France.
Analysez notamment :
- le lieu où les dirigeants prennent les décisions stratégiques ;
- le lieu où les contrats sont négociés et exécutés ;
- la présence d'un bureau, d'une équipe ou d'un représentant en France ;
- le pouvoir habituel d'engager la société ;
- la localisation des prestations et des actifs ;
- les transactions entre la société UAE et des personnes liées en France.
La convention fiscale contient des règles relatives à la résidence des sociétés et aux établissements stables. Elle ne protège pas une structure dont les faits contredisent les documents. Une adresse à Dubaï avec toute l'équipe, la direction et la livraison en France doit être analysée avant le lancement.
Le guide société à Dubaï pour non-résident aide à distinguer constitution à distance, résidence personnelle et fonctionnement réel de l'entreprise.
Trois exemples de fiscalité pour un entrepreneur
Consultant installé et actif depuis Dubaï
Le consultant vit aux EAU, y dispose de son logement, y travaille et facture par une société émiratie. La société s'inscrit à la Corporate Tax et analyse la TVA selon les clients. Le dirigeant documente sa résidence et sa sortie fiscale de France. Les contrats, les décisions et les opérations correspondent au lieu annoncé.
Ce scénario est plus cohérent qu'une société gérée quotidiennement depuis la France, mais il nécessite toujours une analyse des revenus de source française et de la convention.
Fondateur vivant encore en France
Le fondateur crée une free zone company, mais conserve son foyer et exerce l'essentiel de son activité depuis la France. Le visa UAE ou les voyages ponctuels ne suffisent pas à neutraliser les critères français. La direction de la société, l'établissement stable, la rémunération et les obligations sociales doivent être examinés des deux côtés.
E-commerce avec stock aux EAU et ventes internationales
La société stocke des produits à Dubaï, vend localement et exporte. Elle doit distinguer Corporate Tax, TVA locale, preuve des exports, douane, pays de livraison et traitement des plateformes. Le taux de 0 % annoncé par une free zone ne répond pas à toutes ces questions.
Dans chaque cas, la création de société doit partir d'une carte des opérations, pas seulement d'un tarif de licence.
Check-list fiscale avant de créer une société à Dubaï
- Lister les pays de résidence des associés, dirigeants et salariés.
- Cartographier les clients, fournisseurs, banques, stocks et lieux de travail.
- Décrire chaque revenu et chaque activité réellement facturée.
- Comparer free zone et mainland selon l'exploitation prévue.
- Simuler la Corporate Tax au régime standard et, si pertinent, le Small Business Relief ou le régime QFZP.
- Tester les seuils de TVA et le traitement des opérations internationales.
- Vérifier la résidence fiscale personnelle et les conventions applicables.
- Mettre en place la comptabilité dès la première dépense.
- Conserver les preuves de substance, contrats, décisions et jours de présence.
- Budgéter les déclarations, l'audit éventuel et le renouvellement annuel.
Vous pouvez demander un devis personnalisé pour comparer juridiction, licence, visas, comptabilité et renouvellement. Pour les situations impliquant la France ou plusieurs pays, faites valider les conséquences personnelles et conventionnelles par un fiscaliste compétent dans les juridictions concernées.
Les erreurs fréquentes sur les impôts à Dubaï
- présenter Dubaï comme un pays sans aucune taxe ;
- confondre chiffre d'affaires et revenu imposable ;
- croire qu'une free zone garantit 0 % sur tous les bénéfices ;
- confondre visa, Emirates ID et résidence fiscale ;
- appliquer mécaniquement la règle des 183 jours à la situation française ;
- ignorer la TVA parce que les clients sont étrangers ;
- diriger toute la société depuis la France sans analyser l'établissement stable ;
- attendre la première déclaration pour organiser les factures et relevés ;
- mélanger dépenses personnelles, salaire, dividendes et frais professionnels.
Une structure robuste produit une histoire cohérente entre la licence, les contrats, les personnes, les comptes bancaires, la comptabilité et le lieu d'exécution. Cette cohérence protège davantage qu'un slogan fiscal.
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Est-ce qu'il y a des impôts à Dubaï ?
Oui. Les EAU ne prélèvent pas d'impôt fédéral sur le revenu personnel, mais la Corporate Tax, la TVA, les droits de douane, les droits d'accise et certains frais sectoriels peuvent s'appliquer. Le traitement dépend de la personne, de l'activité et de l'opération.
Quel est le taux d'impôt sur les sociétés à Dubaï ?
Dans le régime standard, le taux est de 0 % sur les premiers 375 000 AED de revenu imposable et de 9 % sur la partie supérieure. Les QFZP, les petites entreprises éligibles et les grands groupes multinationaux peuvent relever de règles différentes.
Une société free zone est-elle exonérée d'impôt ?
Non, pas automatiquement. Une société free zone doit généralement s'inscrire et déclarer. Le taux de 0 % d'une Qualifying Free Zone Person concerne uniquement son revenu qualifiant et suppose le respect de conditions continues.
Faut-il vivre 183 jours à Dubaï pour être résident fiscal ?
Les 183 jours constituent une voie de résidence fiscale aux EAU, mais d'autres critères existent. Pour un Français, ce seuil ne détermine pas à lui seul la sortie de la résidence fiscale française. Le foyer, l'activité, les intérêts économiques et la convention doivent aussi être étudiés.
Peut-on créer une société à Dubaï tout en restant résident fiscal français ?
Oui. La résidence de l'associé et celle de la société sont deux analyses différentes. La personne peut rester imposable en France, et la société peut avoir des obligations dans plusieurs pays selon sa direction, ses établissements et ses opérations.




